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il abhorrait les simagrées

Il abhorrait les simagrées


Passager clandestin d’un vaisseau sans boussole,
Il scrutait les hauts fonds où flâne l’émissole
Et s’agitait sans trêve, un éternel gamin,
Pour clamer son espoir d’un demain qui console
A l’aube du fracas de l’ultime examen.
 
Hurluberlu naïf, authentique Quichotte
Il entendait le souffle et la voix qui chuchote,
Mais l’oreille attentive éludait le ragot
De l’esprit formaté, du ventre mou chochotte
Exhalant le remugle au fumet de mégot.
 
Parce qu’il fut enfant des libertés conquises,
Adolescent rebelle aux formules acquises,
L’homme libre sans fard ose puis s’affranchit
Des us, des ronds-de-jambe et grimaces exquises
Où s’étrangle l’esprit quand le cheveu blanchit.
 
Venu de nulle part et de pâle ascendance,
Où pouvait-il aller sans quelque outrecuidance ?
Comment agir serein quand l’obscène désir
Des pigeons affadis s’appelle providence
Tant l’audace les fuit comme un malin plaisir ?
 
Attendre tout de l’autre, esquiver ses contraintes,
Réduire ses vertus, effacer les empreintes,
Se fondre farfadet de peur de déranger
Le banal ordinaire engoncé dans ses craintes,
Serait-ce le ressort de qui veut engranger ?
 
Il ne le connait pas ce fabuleux dilemme,
Sempiternel enjeu du petit matin blême :
Vaincre la lassitude et partir au combat,
Ou s’assoupir paisible en impudique flemme,
Pourquoi l’horrible choix, pourquoi tout ce débat ?
 
Il ne le ressent pas cet étonnant vertige
Des folâtres benêts avides de voltige
Entre l’aide d’état et la table du cœur,
Il ne l’éprouve pas ce lubrique prestige
De jouir sodomite admirant son vainqueur.
 
L’effronté resquilleur se jouera des alarmes,
Il n’idolâtre pas, il a fourbi ses armes,
Le risque, l’inconnu ne sauraient l’intriguer,
Il a dompté la nuit et ses étranges charmes,
Teint blafard sous la lune, il aime naviguer.
 
Il ne se convainc pas de molle certitude,
L’obscur dicte le temps de la décrépitude,
La lâcheté produit le destin affligeant,
La vermine s’incruste, enfle la solitude
Du pigeon famélique au propos indigent.
 
Si le manant vivait sans ivresse perfide,
Sans le travers malin d’une langue bifide
Il accomplirait seul le chemin du devoir,
Mais parfois le bien-être auprès de la sylphide
Au chant de lamantin altère le bien voir.
 
Médusé, regard vide et la cervelle en berne
Les principes plongés au fond de la giberne,
Il attend lymphatique un rite fabuleux,
L’enchantement suprême où la raison hiberne
Dans la douce torpeur du soir miraculeux.
 
Ainsi jadis Muza prit la Septimanie,
Tandis que le rêveur des châteaux d’Hispanie
Ignorant son effroi s’inclinait déférent ;
Le mécréant toujours crève de sa manie…
Faut-il pleurer sa peine ou vivre indifférent ?
 
 
Jo Cassen
Perfides utopies
Tous droits réservés

Le 3 mai 2016

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