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Le saut de l'ange

Le saut de l’ange
 
 
Le cri de sa détresse appelle un vain secours,
Les yeux froids sans alarme éloignent toute amie,
Depuis longtemps bien seul, il bafouille discours,
N’y voyez pas mensonge ou la moindre infamie.
 
Chacun fait son parcours, comme il peut, au hasard,
Il faut vivre banal et louer médiocre,
Se complaire chauffé par glacial blizzard,
Quand on a trop rêvé des nuances de l’ocre.
 
Le courage s’émousse un peu plus chaque jour,
Une morne habitude a chassé la surprise,
Le blanc un peu moins blanc, effet de contrejour
Pour habiller les mots, s’écarter de la crise.
 
-        « Cessez de gamberger, quelle est votre douleur ?
Maitrisez-vous d’ailleurs l’authentique souffrance
Pour oser inventer un prétendu malheur ?
Cette fausse posture est marque d’ignorance. »
 
-« Appelez la révolte, ourdissez le complot
Dans ce camp retranché vous devez vous défendre
Vous devez avancer, déplacer chaque plot,
Embusqué l’ennemi ne va pas vous attendre. »
 
Ainsi souvent le sage, un soi-disant renfort,
Psalmodiera sornette, (il dresse l’ordonnance) ;
Et vous devriez croire aux vertus de l’effort,
A l’accent détonnant, l’étrange résonnance.
 
Ici parfois se joue, en toute liberté
Le grand choix de l’esprit qui cherche la lumière,
Sans quelque a priori de banale fierté,
Loin des sentiers battus de force coutumière.
 
Aime la certitude et l’abord résolu,
L’ultime illusion qui brûle de magie
En l’instant fatidique où le trait absolu
Va sceller ligature à vile hémorragie.
 
D’hier tu te souviens, nul projet pour demain
Et quant à l’aujourd’hui, jamais il ne supplie,
Son temps tôt dépassé gomme le tournemain
Dénué d’artifice, une histoire accomplie.
 
On ne parvient jamais au bout de son chemin,
Par le seul fait du vent poussant vers le rivage ;
Dans tout vit une cause écrite au parchemin,
Tu devras décrypter, puis dompter dit sauvage.
 
Le message transmis déguise vérité,
Il est pire que peste, il s’agira d’un leurre,
Un mirage de plus pour tester fatuité,
A dessein tout est faux dans l’image isopleure.
Tes amis, tes enfants, tous chevauchent jaloux
Leur propre destrier, et toi folle comète,
Tu files dans le ciel ; ton chant de cigalou
Imite quelque feu quand se meurt l’allumette.
 
Parce que tu vois clair, tu sens le différent,
Lorsque sonne trop plein, tu devines le vide,
Ce bleu dont on se pâme, à tous si cohérent,
Eclate de rubis à ton regard vivide.
 
La très faible lueur aperçue en la nuit
Se floute au gré d’humeurs chaque jour davantage
Le gris de l’horizon et le gris de l’ennui,
D’un temps sans avenir encage peuple otage.
 
Le monde obscurantiste a damné le savoir,
Et le virus fatal contamine l’élite
Qui n’a d’autre loisir que de feindre de voir
Des signaux inconnus quand avance l’hoplite.
 
Tous repères disparus, submergés par le flux,
Mille sourds mal guidés, non-voyants en cohorte
Vivent l’instant présent, ivres de superflu ;
Décide le mot fin, tu n’es pas un cloporte.
 
 
19 avril 2015
Jo Cassen
Recueil « Sortilèges »
Tous droits réservés
 
 
 
 
 
 

 

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