JO CASSEN - Ecrivain, théâtre et poésie

Philippe Lemoine, Sylviane Blineau et moi-même


Nicole Barthe, Philippe Lemoine et Yves Mur










Idyllique transport

Nous avons tout l’hier projeté des demains,
Presque écrit le roman, séduits du préambule,
Un trait alléchant l’autre, état de somnambule,
Une dive cantate enivrante à deux mains.
 
Il est doux d’avancer sans peur des lendemains,
De frissonner joyeux, arrogant funambule,
Pour révéler gaillard l’antre du noctambule
Où s’accomplissent crus les rites des humains.
 
Je ne peux pas sombrer en morne lassitude,
Une histoire rêvée exige certitude
Et ton rire d’extase appelle un autre chant.
 
Une perle rubis irise ta blessure,
Tu rayonnes mystère, un cadeau du couchant,
Spectateur ébloui je toise la censure.
 

                                            Nathalie Cuisset

 
Il se prenait pour Antigone


 
Le chenapan fripon jouait au polisson,
Un goût pour l’interdit ou pour la découverte,
Une porte fermée aussitôt entr’ouverte,
L’attrait de l’inconnu qui donne le frisson.
 
Le rebelle toujours rejette l’unisson,
L’herbe de son voisin que l’on prétend plus verte,
La révélation d’un voile recouverte,
La pudeur démasquée à l’abri d’un buisson.
 
Sans chercher il festoie au banquet de gorgone,
S’initie à cent jeux, se prend pour Antigone
Et se réveille seul, épuisé par l’effort.
 
Sous le regard narquois, il devine harpie,
La blessure et le sang, il quête le renfort,
Pour l’ultime duel qui le laisse charpie.
 


                                             Sylviane Blineau


Spleen

Anthologie Flammes Vives 2016


Un aède a glissé dans la mélancolie
Il a gommé les mots qui parlaient de l’amour,
Eteint la faible flamme et fuit le trait d’humour ;
Il ne se souvient plus de la page jolie.
 
Il vécut un avant, juste avant la folie,
Des rires et des cris, des chants et du glamour,
Il lui reste l’oubli, le scotch, le Saint-Amour,
Et l’espoir rassurant d’une belle embolie.
 
Quand la brume tenace obscurcit le regard,
Le philtre merveilleux flatte l’esprit hagard
Il décore de bleu le rouge de révolte.
 
Efface l’inutile et contiens ton effroi,
Le promeneur des nuits chasse le désinvolte,
Il honnit le sursaut à l’ombre du beffroi.
 
 
 

 
Dit d’hier aujourd’hui

 
Il faillit quelquefois sombrer dans l’inconnu,
Attisant le brasier exacerbant la lymphe,
Ivre de cents désirs, ébloui par la nymphe,
Il flattait le tourment du rêve saugrenu.
 
À trop se délecter de pulsions interdites,
De faux philtres d’amour, authentiques poisons,
À tutoyer l’effroi qui jette en pâmoisons,
Il avançait gaillard vers des passes maudites.
 
Etait-il un bouffon, un prédateur, un loup,
Ou bien cette nubile à la moue anodine,
Jouait-elle mutin pour masquer gourgandine,
Et l’engloutir benêt jusqu’au tréfonds du cloup ?
 
Le saura-t-on un jour, ou faudra-t-il les larmes,
Souffrances et remords pour ôter le regret,
Que s’estompe à jamais le souvenir aigret
De la vierge opaline aux affriolants charmes ?
  
Le temps inexorable égrène chapelet,
Passent les nuits, les jours, fuit l’icône éthérée,
L’escorte des zombis déserte libérée
L’esprit que rien ne hante à l’ultime couplet.
 
Vous qui la découvrez en écoutant ma lyre,
Savourez ce délice ainsi qu’il savoura,
Vivez le fol dessein dont il s’énamoura,
Sous les traits adorés où souffle le délire.
 
Vous qui l’avez connue, intrépide coquine,
Muse de chaque nuit où s’égarait l’amant,
Tout désir au plaisir, clinquant ou diamant,
Dîtes sa pureté sans malice mesquine.
 

 

Te souvient-il ?

 
Chaque nuit enfiévré au jeu de découverte,
Craintif de s’avouer quelque sous-entendu,
Pressé de s’étourdir corps nu dans l’herbe verte,
Il gobait l’artifice et l’air inattendu.
 
Quand il posa les yeux, ou la main plutôt dire,
Sur cette terre vierge au précieux sillon,
La belle effarouchée eut le cri sans maudire,
Et dansa plein d’entrain tel un gai papillon.
 
La légende s’écrit légère, désinvolte,
La quête d’idéal au détour du chemin,
Hier l’histoire tendre, aujourd’hui la révolte,
La fable du naïf couchée au parchemin.
 
Le glorieux bouffon bleu des yeux de Chimène
A séduit le mirage, exacerbé l’émoi,
Il parade héros, un fol énergumène,
Avaleur de pois gris qui taquine surmoi.
  
Souvent un esprit simple accepte l’utopique,
Il voit le cristallin au glauque marigot,
Et la danse du paon éteint la philippique ;
Le lot amer banal du fade mendigot.
 
Ainsi pour un désir, un attrait ridicule,
Il veut tout exploser à perdre la raison,
Tétanisé, pantois, juché sur l’édicule,
Il hurle à perdre voix l’obsolète oraison.
 
Il fut ce phénomène, un tantinet débile,
Galant de l’anémone au venin délicat,
Qui sur sa peau marquait à l’encre indélébile,
L’énigme de la vie, étrange svastika.
 
 

 

L’Être et le Néant

 
Il n’a pas cette envie,
Ce besoin d’un accord,
Qui le remette en vie ;
Illusoire raccord.
 
Il se meurt l’inutile,
Ivre, gavé, repu,
Il laisse le futile
Au vide corrompu.
 
Il aima l’impossible,
Vertige et absolu,
Il s‘éloigne impassible,
Loin du jeu dissolu.
 
Du regard, de l’étreinte,
Peut-être restera
Une trop pâle empreinte,
Vulgaire queue-de-rat.
 
 
  

Le cri de la chasse d’eau


 
J’étouffe un pleur dans la nuit noire,
Je souriais, il se fait tard,
Abandonné tel un bâtard,
Je glisse sur la patinoire.
 
Bonjour, bonsoir luth enfantin,
Tu peux toujours tendre l’oreille
Tu resteras la sans-pareille,
Parfois sinistre ou lamantin.
 
Je suis balourd, clame fadaise
Je hurle et crie et je m’en vais
Lassé de tout, pâle navet ;
Morne ballade, une irlandaise.
 
Et l’on se gausse éperdument,
De ces grands airs, la pauvre mine
Que tu prenais folle gamine
Pour me toiser incongrûment.
 
Tu chanteras, un jour ou l’autre,
Tu te riras de ce benêt,
Qui se dessèche, un vrai genêt,
Il s’était pris pour un apôtre.
 
Le temps s’enfuit, le tien aussi,
Le mien est feu qui dort en terre,
Sous quelque abri, fade cratère,
Un souvenir mal dégrossi.
 
 

 

 
Cent mille fois encore,

 
Cent mille fois encore à la lumière blême
Virevolte l’image, un reflet jaillissant,
Fantômes en cortège, irréel ravissant ;
Déjà le petit jour, farandole ou carême.
 
Ce n’est pas que parfois, me croiras-tu jamais,
Tes gestes, ton visage et cette silhouette
Dessinée à ravir, (quelle riche palette)
Me donnent le vertige au plus haut des sommets.
 
C’était avant-hier et déjà aujourd’hui,
Notre histoire s’écrit, une œuvre sans rature,
Des joies et des plaisirs, souffrances qu’on endure,
Instants où pour jamais le bel âge s’enfuit.
 
Ne pas se retourner, ni pleurer ou se plaindre,
Regarder devant soi, tant est forte souvent
La raison qui construit ; elle chasse le vent
Et permet d’avancer, sans tricher et sans feindre.
 
Les printemps ont passé, puis aussi les hivers,
Je ne m’étonne plus, je flirte avec l’automne,
Le chemin était là, sans quelconque maldonne,
J'ai failli quelquefois, mais les yeux grands ouverts.

 

 
Fidèle casse trop

 
Je vis,
Tu es,
Il…
Nous marchons de concert sur un même chemin,
Vous explorez jaloux des énigmes nouvelles,
Ils contemplent le jeu et sous cape se marrent.
 
Je passe,
Tu suis,
Il conquiert toison, étrange matamore,
Nous évoquons souvent les insignes chimères,
Vous enflammez le jeu des préjugés tenaces,
Ils raillent l‘épopée, le chant de guerre épique.
 
Je pars,
Tu ris,
Il se pavane fier, le trophée à sa main,
Nous livrions combat, la défaite d’avance, alea jacta est,
Vous vous enivrez fous de philtres indécents,
Ils nous ont effacés du tableau noir flouté.
 
Je plane aux mille ciels où le vent me caresse,
Tu as mis dans nos lieux une icône nouvelle,
Il marche dans mes pas de siennes habitudes,
Nous…
Vous prétendiez écrire ; griffonnez tout au plus,
Ils se sont réjouis du spectacle charmant.


Castalie

 
Un authentique sens,
La soif originelle,
Vivre l’essentiel
A l’instant qui sublime.
 
Conquérir l’impossible et s’y blottir enfin,
Epuisé par l’effort, ébloui par l’audace,
Revigoré surtout d’oser le grand frisson ;
Savourer égoïste un suprême délice.
 
Assumer le désir,
La folie agissante,
Rire de l’interdit,
S’enivrer de l’extase.
 
Exposer sa dépouille au violent tourment,
Porter tel un fardeau le poids de cette faute,
S’étouffer de sanglots, chanceler mais tenir,
Revendiquer le choix de l’étrange gageure.

 
S’agit-il d’un défi,
De tournure perverse,
D’un sadique relent,
D’une aube virginale ?
 
Nul jamais n’est souillé par le geste absolu
Qui respecte l’esprit au lit de l’innocence ;
Principes et formats ne nous imposent rien ;
Passons notre chemin, rions nous des épines.
 
Te souvient-il parfois,
De tes coquins caprices ?
Te souvient-il encor
De la haute conquête ?
 

 

 
Maelström

 
Elle chanta,
Quel est ce rêve étrange ?
Un voile de douceur,
L’épure…
 
Il entendit,
Le vide et le silence,
Vacarme sidéral,
Trompettes.
 
Où sont les revenants,
Pourquoi fermer la bière ?
Accepte le présent,
Tantale !
 
Un mur, et puis un mur
Dans le tourbillon glauque,
S’épuise le futur,
Dérive.
 
Une nuit,
L’esprit lubrique,
Batifole malin,
Pute…
 
Et s’enfuit
L’image floue,
La fête bat son plein,
Rêve.
 
Demain
Le printemps rit, bourgeonne.
 
Rature,
Tout le vain, je te donne.
 

 

 
Vite, mais intensément

 
Une immensité opaque, derrière, un océan de petits trucs, des machins, des bribes de vie, c’est bien cela, oui,  des réminiscences, un petit éclat de rire, un clin d’œil, une larme, des larmes. Beaucoup de larmes. Des fous rires incontrôlables aussi, des odeurs. Ton odeur. Pourquoi faut-il cela ?
Pourquoi ne pas se contenter, simplement, de l’instant volé à l’éternité et aussitôt tourner la page. Pourquoi ne pas se réjouir de futilités, de plaisirs inutiles ; Le plaisir peut-il être autre qu’inutile ? Pourquoi encore et encore compliquer à l’envie et exiger de tout, de tous, de l’autre ce qu’il ne sait pas donner, ce qu’il ne sait pas offrir, ce qu’il ne veut pas partager ?
Chacun (et c’est heureux) n’est pas configuré pour être un saint. Et l’on ne devient pas un saint, jamais. On porte en soi ce que l’on est, au présent ou en devenir. Même enfoui. Toujours.
Alors, il faut bien se rendre à l’évidence. Notre petit chemin ne sera pas bordé de roses, de rien qui enjolive ; Notre petit chemin sera pavé de platitude, d’inexistant, d’inutile, de mesquin parfois, de méchant souvent, de haineux quelquefois mais surtout de piteuse indifférence. Quelques avatars ici et là qui se shootent à l’ambition matérielle, souvent fondée sur un vide humain et intellectuel sidéral ; Et un troupeau de suiveurs, plus ou moins actifs, davantage passifs, qu’une miette de confort apaise et rend plus docile encore.
Faut-il en rire ? Faut-il pleurer ? Faut-il s’étonner qu’ailleurs, sous d’autres latitudes culturelles ou morales des éternuements sporadiques agacent notre quant-à-soi ? Peut-être ? Quel grand architecte tire les ficelles de cette pantomime ? A qui profite la crédulité ?
Je veux chasser les pensées parasites. Un instant. Je sais, elles reviendront, vite. Vite. Intensément. Naît-on révolté ? Devient-on révolté ?
La révolte est innée. On ne change pas le cours de l’histoire, tout au plus écrit-on quelques silences, quelques mots, quelques lignes, une page. Rien de plus. Il n’y a pas d’exemple contraire à l’échelle de l’humanité. Aucun. Mais tout exemple comporte en soi la démonstration du contraire, Alors ?
Le bien, le mal. Le noir, le blanc. Bénéfique, néfaste. Utile, Inutile. Crédulité.
Vite mais intensément ; Vivre. Et mourir. Vite mais intensément.

 
 

 
Fariboles



 
C’est quand tu ne sais plus, tu ne comprends plus, tu ne saisis pas ce qu’il eût fallu faire, ce qu’il eût fallu dire, et pourtant… Pourtant, tu vas te rendre à l’évidence, être deux, c’est aussi cela.
Tu ne sais plus. Tu ne comprends plus ;.Fuir. Oui fuir. S’esquiver à l’anglaise. Refuser. Refuser une histoire qui ne doit pas être la tienne. Refuser une histoire qui ne peut pas être la tienne. Une histoire de non-dit, une histoire de petits secrets, secrets d’alcôve, secrets de famille, secrets d’amours interdites, Zola ou Vautrin de pacotille.
Souvent, on construit sur des cendres. On construit toujours sur des cendres ; Des cendres qui doucement vont se consumer, Des cendres qui doucement vont se consumer et éliminer, éliminer imperceptiblement les quelque faux liens qui semblaient vous unir.
Tu ne sais plus. Tu ne comprends plus, fol amour d’un mirage, mirage, illusion, votre histoire. Votre histoire, une si belle histoire, une romance, deux anges vierges et purs. Votre histoire, une histoire d’illusionnistes. Deux destins scellés parce que c’était écrit. Deux destins. Destins.
Elle t’aime en pensant à l’autre. Dans ses bras, l’Autre ; Des petits râles de jouissance si pure, l’autre ; Des caresses reçues, comme autant de souffrances infligées, parce que tu n’as pas su. Parce que tu n’as pas voulu, Parce que, l’Autre.
Dans son sein, ton enfant, le tien… Pas à l’Autre. Le tien, tel un fruit purificateur, « sanctifieur »? Alors, la messe est dite. Tu vas apprendre à exister, là, en silence.
Et une vie qui s’écoule, calme et paisible, les ciels sont bleus, bleus. Les oiseaux chantent,
Chantent. Les enfants poussent, poussent.
On s’habitue, on s’habitue à l’habitude, on s’habitue à vivre mollement, on s’habitue à ne pas avoir d’envies, on s’habitue à un rôle végétatif ; Oui, on s’habitue.
Et aux soirs de grand calme, on ravive : -« Rappelle-toi, je t’avais dit, tu sais bien, j’ai appris à t’aimer…Je ne t’aimais pas…
Non, stoïque et souriant tu écoutes. Tu ne sais plus. Tu ne comprends plus. Tout s’efface, tout s’oublie, tout. Tout s’oublie, et tout passe, tout. Juste ici une petite trace…Une petite trace qui fait mal. Tu ne sais plus. Tu ne comprends plus. Comment après tout ce temps, Après tout ce temps à créer ; Encore. L’Autre.
Tu ne sais plus. Tu ne comprends plus. Toujours. Il est là, il n’est jamais parti. Et tout est fariboles, l’Autre.
 
 

 

Que reste-t-il de nos amours ?


Quelquefois je m’arrête, et j’essuie une larme
Un sanglot étouffé, le souvenir amer
Etreinte inoubliable avant l’ultime alarme.
 
Retrouvons une fois, blottis devant la mer,
Enlacés éblouis en vive fusion,
Saisis d’un fol vertige, enivrés idylliques,
Tendrement étonnés l’étrange vision,
Etat d’apesanteur des transes angéliques.
 
Traversons de concert le jardin des émois,
Illuminons jaloux l’ensorcelante voûte ;
La nuit nous appartient qui veille siamois.
 
Découvrons le mystère, éradiquons le doute,
Ecrivons le dessein de l’insolent désir.
 
Nord et sud confondus, plénitude et délire
Ourlons le souvenir ; l’instant du fort plaisir
S’offre sans retenue, il enchante sa lyre.
i
Avant je n’étais rien et j’existe aujourd’hui,
Mes chimères de toi culminent au splendide,
Où pourrais-je t’aimer sans quelque sauf-conduit ?
Un cynique tourment oppresse le candide…
Regarde sans ciller, vois notre tendre amour,
Saurais-tu dédaigner ? Dis-le-moi sans humour !
 
 
 

A ma béguine



Querelle d’enfants fous, étourdis par l’ivresse
Un instant dévastés de n’avoir pas voulu
Essayer le bonheur et sa délicatesse.
 
Répriment maintenant le fort désir goulu,
Esquissent un sourire, une fausse figure,
Sous le ciel ombrageux qui suinte d’ennui
Tant l’innommable échec a perverti l’augure
Et le jeu débridé lorsque tombait la nuit.
 
Te souvient-il parfois alors que tout s’égare,
Indomptable gamine aux accents insolents,
Les émois fabuleux surgis sans crier gare ?
 
Des caresses, baisers, des assauts violents
Echanges explosifs arrachés au torpide ?
 
Nectar empoisonné, philtre pernicieux,
Odieux stratagème ou délire sapide,
Sache que je t’attends ô poison gracieux.
 
Accueille l’exigence, efface l’amertume,
Mélange nos serments et nos corps enflammés,
Ose le fol projet où se noie la coutume,
Unis mais seuls au monde, amants et affamés. 
 
Regarde dans mes yeux, lis l’ultime prière

Savoure le délit, coquine aventurière


L’ile blanche

 
Une lampe s’éteint, les rideaux sont tirés
Le silence se fait comme à son habitude ;
Ici, qui pourrait croire à l’éternel absent,
Celui des songes flous des longues nuits de veille.
 
Le désert de l’esprit regorge de fantômes ;
Ils transportent l’amer (costume évanescent)
Du souvenir lointain, de l’image effacée,
Un peuple d’entités qui hantent le couloir.
 
On cherchera en vain, la douce faille ouverte
Pour avancer gaillard vers l’ultime secret,
Gonfler d’aise le buste, esquisser un sourire ;
Mais l’hermétique porte abrite les scellés.
 
La marche sera longue et les dés sont pipés,
Pourquoi chercher un sens à l’obscur labyrinthe ?
Des pas suivent des pas, pour aller nulle part
Plutôt boire et chanter en folle bacchanale.
 
 

 
Toi qui pansas les plaies 
et les bosses aussi
 


Bien sûr à la grand’ ville, en ma prime jeunesse, arpentant les trottoirs, je croisais des visages et le regard hostile à chaque carrefour ;
Je tutoyais le vide.
 
Chaque fois plus lointain, un intrus dans ce monde, étron anachronique, je devais à l’envie, opposer le refus de l’impossible espoir ;
Et tout au plus, survivre.
 
L’opaque de la nuit, loin des galimatias du quotidien médiocre efface le sournois qui laisse belle part aux trémolos des lâches ;
 Ainsi nait le rebelle.
 
J’ai haï ce haut mur, je voulus le détruire, oser la guerre sainte, (un concept galvaudé), écrire avec mon sang le roman homérique ;
La jeunesse est naïve.
 
Pour ton juste combat, tu es roi de l’arène et les vaincus s’écroulent ; Où sont les résistants ?
Le vent les a soufflés, ils n’étaient que des leurres…
Ce grand cirque est pervers.
 
Gente marionnette, tu le descendis bien l’utopique escalier, le chef d’œuvre du maître ; Tu croisas bien le fer, tu vainquis sans effroi…
Pourquoi cette amertume ?
 
On ne sait d’où surgie, une fée prend sa part,
Une main dans la tienne, elle efface et apaise.
 
 
 
 

Il me parla de Pénélope…


 
-« Quand bien même serais-je en basse-cour un coq
Un prétentieux jaloux, presqu’un hurluberlu
Enrubanné d’égo, je fuirais cette caille ! »
 
-« Raconte-moi, gamin, cesse de regimber,
Esquisse le sourire au doux nom de la belle,
Salue un souvenir qui parle de caresses,
Tente la rédemption… » -« Zut ! Quel sacré toupet !
Et vous m’en direz tant… Vous osez ma syncope ! »
 
-« Taquin je vous devine… Et verse mon écot,
Incrédule je suis, je veux avant midi,
Larmoyer avec vous ou remercier le ciel. »
 
-« Décence et courtoisie, oyez le vilain laid
Esbroufe cache-toi, le serein est de de mise ! »
 
-« Nonobstant vos émois, reprenez le chemin,
Où qu’il vous accompagne, en rires ou crédo,
Soyez juste et honnête, acceptez le printemps,
 
A l’hiver il succède… » … -«Enigmatique aura…
Mille talents de star, fruit rouge de l’arum,
(Oxygène et poison), la diane du lasso,
(Ulysse en son périple eut porté le licou),
               Reine de mes enfers, je ne puis te haïr
 
Sans Elle je suis vide, entend-elle mes cris ? »
 
 

 




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