JO CASSEN - Ecrivain, théâtre et poésie
Fumerolle
 


Quand tu voulus t’enfuir dans le souffle du vent,
La décision prise, enfin claire et brutale,
Rien n’aurait su manquer, convenance vitale,
Tu pris ta randonnée,  ô bel engoulevent.
 
Au soir du grand combat d’enthousiasme fervent,
Quand l’oracle a tranché, charte fondamentale,
Le respect de rigueur est dû à la vestale,
Car la forte attitude oblige  le servant.
 
On pourra toujours dire, à la terre, aux cieux
Ce que fut cette idylle aux airs délicieux
Jamais une oraison n’éteindra l’amertume.
 
La princesse d’hier aux si tendres appas
Revêt image nette, une gloire posthume
Le feu enseveli livre braise au trépas.
 
Odalisques
23/01/2014
 
 
 
Solstice

 
Le regard d’un enfant pour apaiser l’outrage,
Tout l’apparent du calme obligé par l’effort,
Une solide épaule, ultime réconfort,
Serait-ce suffisant pour effacer la rage ?
 
Lorsque l’on vit d’espoir subsiste le mirage,
Lové dans l’irréel, on se crée le confort
Les images d’hier au fond du coffre-fort,
Le leurre dans le cœur, refuse le naufrage.
 
Si douce et si joyeuse, une source de vie
Balaye l’émotion, ravive toute envie
Et le jour qui se lève ouvre le renouveau.
 
Las, les printemps, les hivers forment triste cortège
Fatalité contraint le plus malin stratège
Et le temps qui s’enfuit ne dit rien de nouveau.
 
Odalisques
24/01/2014
 

 
 

Petite K
(sonnet cassé)
 



Elle était une enfant, toute blonde et menue ;
Du haut de mes quinze ans, je croyais tout savoir
Et dominer le monde, inventant mon pouvoir ;
Je la pensais à  moi, je l’avais reconnue.
 
Sous la simplicité, la posture éthérée,
Dans les regards si doux, et complices toujours,
La coquine mimique offrant beau chaque jour,
J’avais identifié l’aura inespérée.
 
Rien n’est simple à cette âme, ni le bonheur voulu,
Ni les espoirs pour deux, et le souhait goulu
Se fracasse ébloui sous l’assaut médiocre.
 
J’ai pleuré bien des nuits sous les arbres témoins,
Et supplié souvent de tout repeindre en ocre ;
Puis tout s’est altéré, j’y songe néanmoins.
 
Odalisques
24/01/2014
 

 
 
 
 J’ai vu deux hirondelles
 
J’ai vu deux hirondelles.
Le ciel se pare en bleu,
Petit matin frileux
S’oublie. A tire d’ailes
 
Les brunes messagères
Réjouissent le cœur.
Le soleil est vainqueur.
 
Notre humeur passagère,
Où le gris est bien sombre,
S’évade à petits pas.
 
Cet hiver nous happa,
Aujourd’hui est une ombre
Tous les pollens s’affolent.
 
Le grand réveil. Bourgeons,
Insectes. Partageons
Rêves qui batifolent.
 
J’ai vu deux hirondelles
Et mes yeux dans les tiens,
Ton amour vers le mien
S’envole à tire d’ailes
 
3/04/2012     
 28/01/2014
 

 
Le jaguar et la rose
*
Le jaguar et la rose
Odalisques
Flash Player doit être installé pour visualiser ce fichier.


 
L’esprit toujours errant, il regarde le ciel
Longtemps il a marché, fatigue ou amertume
Jamais n’ont altéré le goût de l’essentiel,
 
Déambuler encore, arpenter le bitume,
Que toute la nuit passe en effaçant le temps,
Et qu’au petit matin, il reprenne coutume,
 
Pour habiller demain, sans quelque contretemps,
Du costume banal, du projet toujours vide…
Comment un jour nouveau se vivrait haletant ?
 
Pourquoi adolescent, habité de livide
Se meut il en zombie alors que l’alentour
Festoie ou se distrait d’un bel air impavide ?
 
Il ne saurait répondre, un chemin sans retour
Doit être parcouru, peu importe l’ivresse,
Ce sentiment de mort mérite le détour.
 
Toujours autour de lui, il voit la sécheresse,
Tous les émois masqués,  réputés scandaleux,
Alors il s’habitue à vêtir sa détresse.
 
Sans une complaisance, il s’affiche galeux,
Les amis, les copains sortent de son sillage,
En féodalité, s’incarne franc-alleu.
 
C’est ici son crédo, non au tripatouillage
Soit un homme est debout, soit il est un valet
Ainsi l’alternative évite maquillage.
 
Il a choisi son camp, maître de ses ballets
Sa vie il écrira, il sait la conséquence :
Jamais il ne saura les ors ou les palais.
 
A vouloir être libre, hors de la délinquance,
Toujours tu seras seul, chaque appui sera feint,
Avec ton seul courage, un zeste d'éloquence.
 
Presque en étais venu à te voir aigrefin,
Après tout, pourquoi pas ? Parfois le sort hésite,
Balbutie et déroute, envoie un séraphin…
 
Sans subterfuge aucun, cupidon en visite
(Le charme est son domaine), écrit le mot espoir
Définit les couleurs, ôte le parasite.
  
L’enjeu est d’importance et l’on ne peut déchoir,
Aussi dans le respect, au royaume du tendre,
Panse la plaie ouverte, apaise le jaguar.
 
La souffrance subie aux écoutes cassandre
Telle épine en ton cœur répand folle douleur
Une rose complice aura à réapprendre...
 
C’est ainsi que les jours et les nuits de malheur
S’estompent davantage alors que le grand fauve
Détendu, confiant se fera bateleur

Du roman de la rose, une rose qui sauve.
 
oDalisques
29/01/2014
 

 
 
L’Anémone et le Poisson-Clown

L'anémone et le poisson clown
Odalisques
Flash Player doit être installé pour visualiser ce fichier.


Ell' vit sereine en profondeur,
Séduit qui veut et s’en sustente
D’où les on-dit sur sa froideur.
 
Trop souvent se fait irritante
Pour se défendre ou savourer
Et subjuguer, belle envoûtante.
 
Menu fretin énamouré
Toujours surpris par la coquine
Tôt digéré, bien entouré.
 
Le gigolo de la rouquine
Bernard-l’ermite, c’est son nom
Prend mille soins de l’arlequine.
 
Il la transporte sa Junon,
Vers des appâts, d’autres conquêtes,
Il est support du gonfanon.
 
Méfiez-vous de la jaquette
Sous la douceur, le prédateur
Guette, digère, une coquette.
 
Je vois le doigt accusateur
Mais nul n’a posé de contrainte,
Cible dans le collimateur ?
 
La douce fleur que l’on éreinte,
Cette sangsue, un cauchemar,
Vous la vouliez pour une étreinte ?
 
Vous la vouliez pour le plumard !
Etes servi… Tendre furie
Va déguster son zigomar.
 
Venu plus tôt, pas de tuerie,
C’est que drôlesse aime Lesbien ;
Vous étiez dans la pénurie !
 
Dans ce monde où, tout est « combien »
Méfiez-vous de l’apparence
De tout ce dont l’on dit grand bien ;
 
Toujours cherchez la cohérence
Ou poisson clown  encor serez,
Astreint partout en déférence ;
 
Souhaits et goûts, vous cèlerez,
Puni d’attrait pour la gorgone
Et vous vous étiolerez
Désolé, triste, un épigone.
 
oDalisques
30/01/2014
 

 

 

 
Petit vallon d’amour


Petit vallon d’amour
Serait-elle revenue ?
Te souviens-t-il de moi 
De son rire, et son cri ?
 
Petit vallon d’amour
Posture saugrenue
Je vivais pur émoi
C’est l’instant sans écrit.
 
Petit vallon d’amour
Sans nulle retenue
Sans oser une fois
Tel un crétin conscrit.
 
Petit vallon d’amour
Elle était prévenue
Oublie cet autrefois
Le feu est circonscrit.

 

 
 
 L’autre côté du miroir

L'autre côté du miroir
oDalisques
Flash Player doit être installé pour visualiser ce fichier.


 
Que dire d’un désir,
D’une feinte manière,
D’un soupçon un peu fou,
De l’instant à saisir?
 
Ton œillade, un plaisir,
Réponse à ma prière,
Plongeon sans garde-fou…
Où il me faut choisir.
 
La souffrance m’est douce,
Tu vis dans mon regard,
Illusion aigre-douce…
 
Pourquoi cette chimère
Qu’ici me laisse hagard ?
Une passion  amère...
 
Tu es fine poupée
Ce souvenir lointain
Image découpée
Dans un miroir sans tain.
 
 
02/02/2014
oDalisques
 
 
 
 

 
Petite M


Tu me regardes toi,  impudique et hautaine
Et tu sais tout sur rien, souvent à la lisière,
Et  préfères toujours chanter la prétentaine,
Entends que le grand vent porte aussi la lumière.
 
Pour nous, j’ai vu partir en brouillard des désirs,
Des nuages d’ailleurs qui habitaient mes rêves ;
Je me suis convaincu de l’intérêt certain,
J’ai affronté le vent, combattu les oracles,
Quand j’ai douté souvent, je me suis violenté,
Cent fois recommencé des tâches inutiles,
Répété baliverne où le monde était sourd,
Pour réveiller en moi de folles certitudes
Et bâtir une histoire à la cime des cieux.
 
Pour nous, j’aurais aimé vaincre les déplaisirs,
Pour savourer l’instant, chaque minute brève,
Déguster à l’envi le détail opportun ;
Mais le calice est là, dedans le tabernacle
Et de noirs sentiments dans un esprit hanté
Ont souvent pollué de sensations hostiles
Et détruit l’harmonie au bord du carrefour,
A l’heure du sursaut qui vaincrait l’habitude,
Et par un simple effet, jouerait facétieux.
 
Plus n’est temps de gémir au fond de la chaumière
« Tout est toujours acquis à qui se sent bien né »
Une imbécillité pour des balourds fanés,
Le postulat est faux, pas même une prière ;
 
Les cassandre confits argueront turpitude
Au soir de leur voyage, à l’ombre des écus,
Leur bilan, un désastre, un sabbat de faux-culs ;
A nous le souvenir et douce plénitude.
 
 
oDalisques
04/02/2014
 

 

 
 
Petite musique de l'aube
(Le concerto)

Le concerto
Odalisques
Flash Player doit être installé pour visualiser ce fichier.


 
Très tôt dans le matin
J’ai aimé une étoile
J’ai enlevé ses voiles
Convoqué le destin.
 
Trop tôt dans l’aube claire
J’ai découvert ton corps
J’ai vu briller les ors
D’ un univers solaire.
 
Sitôt le jour venu
J’ai rêvé notre histoire,
Osé blasphématoire
Le fait est saugrenu.
 
oDalisques
06/02/2014



 Si toi aussi tu es l’enfer


J’ai besoin de l’urgence
Pour hurler chaque mot,
Pour endurer les maux
Et pleurer ma vengeance.
 
J’ai besoin de prières,
A toi, à Dieu, l’enfer,
Offrande à Lucifer
Et de chansons guerrières.
 
M’enivrer d’impossible,
Mondes terrifiants,
Souffles sanctifiants
Pour louer l’indicible.
 
Et enfin me soustraire,
Ôter âme et raison,
Réfuter l’oraison,
Pion surnuméraire.
 
oDalisques
06/02/2014

 
 
Une Dame de France

 
Pourquoi donc cette idée, hasard insupportable,
De venir une fois, pour voir et tout gaiement ?,
Mais juste pour le fun,  (rien n’est ici dément) :
Cette fille me plait,  elle est fort agréable !
 
La posture banale, elle monte et descend,
En France quelque part, vers un amour naissant,
C’est aux « Dames de France », en fin d’adolescence.
 
L’ascenseur des clients, sous votre autorité,
Et moi "passant" ému, flirtant dans l’indécence...
Qu’il est doux d’être jeune, (on dit : sans fatuité).
 
Ce moment étonnant, (peut-être inoubliable)
Un joli souvenir, sans rien de véhément
Même si, je le sais, vécu sans agrément,
L’imbroglio coquin, je le rends « publiable ».
 
oDalisques
06/02/2014



A tire d’Elle

 
Laissez-moi dire Demoiselle
Ce que m’inspirent vos beaux yeux
Légèreté de damoiselle
Toute chaleur amie aux cieux.
 
Chantez, chantez la ritournelle
Surtout jamais de sourcilleux
Les sons d’alto et vous si belle
Et mille dons bénis des dieux
 
Riez, riez fleur d’hirondelle
Eté est là, soleil radieux
Jouissez, jouissez ma tourterelle
Je ne serai pas prétentieux
 
Aimez, aimez jolie nacelle
Dans vos filets harmonieux
Fais mes adieux, joie éternelle
A monde triste impécunieux.

vAgabond'âmes
10/02/2014

 

Assistant de création de site fourni par  Vistaprint