JO CASSEN - Ecrivain, théâtre et poésie








Gypsie






 














 

Après la nuit, Gypsie
 

 
Ôte ces oripeaux, chasse ton amertume,
Et ne ressasse point les mots de désespoir,
Hier est obsolète, un souvenir posthume.
 
Jouis de cette vigne incarne l’égrappoir,
Le beau temps revenu, la paix après l’orage,
Dessine chaque page et rejette guipoir.
 
Chaque pas ta victoire élimine naufrage,
Et sculpte radieux l’horizon délicat
Où l’éblouissement renforce ton courage.
 
Crois cette vérité, l’absolu prédicat,
Le temps de tes demains rompra ta solitude
Et tu retrouveras saveur du paprika.
 
Les couleurs, mille goûts gomment l’inquiétude,
Des rêves de soleil, sans mesquin guet-apens,
Enfin le doux sommeil qui fleure l’hébétude.
 
Alors Il t’entendra ce balourd chenapan
Tant sourd à ces appels qui pleuraient de ta lyre,
Sur les chemins irez, heureux, clopin-clopant.
 
Toute ta peur vaincue, et le puissant collyre
Guérisseur de tes yeux et apaisant ton cœur
A ce beau nom d’Amour, apprend à bien le lire.
 
Un jour, si tu le veux, je ne suis pas moqueur
Contemplerons ensemble, et ce sans ingérence,
Les fruits de passion réunis tous en chœur.
 
Alors semblera loin la folle conférence
De cette sotte nuit aux vides illusions
                     Où tout était perdu même la tolérance.
 
En éveil, près de toi, témoin des collisions,
Des combats, des espoirs ou désirs, je, complice
Te promets pour demain d’épiques effusions.
 
Tu as gagné la vie, éloigne ce calice,
Jamais on ne rêva plus fier conquistador
Car la superbe enfant a rompu le supplice.
 
Un jour si tu le veux, le ciel de Mogador
S’enchantera pour toi, tous tes chatons avides
De toi sustenterons, les galopins condors.
 
Cette nuit tôt s’achève et le matin livide
 Ouvre à mille bonheurs, aura, félicité,
L’avenir t’appartient et tu peux impavide
Envisager le temps de la maternité.
 
10/06/2014
Fantaisies
 
 
 


                                       à  Gypette  

                  Indépendante, libre, et altière câline,
Tu promènes sur tout un regard si perçant
Que l’aigle qui t’habite est toujours agissant.
Sensuelle, si douce, et caressante,  fine.
 
Si haut soit le sommet, singulier, interdit
Elégante, superbe, et frôlant chaque obstacle,
De cette embûche-là, nous offres le spectacle.
Tout à ton assurance, en jouant comme on dit
 
Tu possèdes les lieux, et la belle posture
Nous distrait et séduit,  et surtout réjouis
Tous ont la joie, enfants, heureux, épanouis.
Et l’austère conquis ; féline créature.
 
Tu caresses nos doigts de ton duvet soyeux,
Dans la couche entre nous, lascive et chaleureuse,
Nous berce doucement, ô nuit voluptueuse,
Ton souffle si léger, accord harmonieux.
 


 
A Gypette
22/09/2014
Fantaisies
Tous droits réservés

 
Une tendre caresse



Le courage me manque, il m’apparaît sournois,
Souvent il prend la fuite et je reste benoît,
Contrit mais rassuré tant la veille m’éreinte
Car j’éprouve confus le goût de ton minois ;
Pourquoi ôter l’espoir de la si douce étreinte ?
 
Le jour où tu m’aimas, ce jour-là je suis né,
Une aurore polaire et l’azur raffiné
Enchantèrent mes yeux et le cœur en émoi,
Je basculai serein loin du monde embruîné,
Au jardin de délice où flâne le surmoi.
 
Le voyage en splendide, étrange et fantastique,
Un passage inconnu qui exclut l’emphatique,
Quand les portes de bronze ouvrent vers l’horizon
La folle découverte, une étrange plastique,
Tu es une merveille, amour sans trahison ;
 
Tu te meus élégante et parfois l’air sauvage,
Dominante de charme, exerçant le ravage,
Le regard et le port chantent la volupté
Celle dont le désir ressemble à l’esclavage,
Celle que l’on côtoie où je suis accepté.
 
Pourrais-je dire ailleurs, pour l’autre l’ineptie,
Tous mes sens affolés, presque en catalepsie…
Quand tu daignes ma reine, assouvir ma ferveur,
 Une tendre caresse, un ronron de Gypsie
Mon enfant, mon trésor, la sublime faveur.
 
24 février 2016
Jo Cassen
« Chemins de traverse »
Tous droits réservés




Le Petit Monde de Gypette

de Jo Cassen
(Théâtre pour le jeunesse)
Fragment : un monologue de Gypette







L’Hiver
 
Dans mon petit coin d’ paradis,
Je suis au chaud, je suis heureuse
Et si toi tu te refroidis
Viens voir chez moi, je suis prêteuse.
 
L’hiver…
C’est demain, c’est demain l’hiver,
Quelques flocons volètent,
La rosée du matin a pris froid,
Elle gèle et gèlent aussi les vitres des automobiles ;
La froidure nous saisit,
Au-dessus des cheminées des volutes de fumée
Dansent et tutoient le soleil ;
Les oiseaux cherchent des graines,
Des boules de suif,
Ils ont besoin d’aide
Pour se protéger…
 
Dans mon petit coin d’ paradis,
Je suis au chaud, je suis heureuse
Et si toi tu te refroidis
Viens voir chez moi, je suis prêteuse.
 
L’Hiver,
C’est le cycle du grand sommeil,
Le grand sommeil de Dame Nature…
Le temps nécessaire pour revenir
Bientôt, pleine de vigueur, de forces neuves,
De verdure et de couleurs ;
Le hérisson intrépide
Qui traverse devant vous,
S’est laissé surprendre
Il cherche sa pitance pour hiberner
Sans manquer de réserves de nourriture ;
Aidez-le, il faut toujours aider.
 
Dans mon petit coin d’ paradis,
Je suis au chaud, je suis heureuse
Et si toi tu te refroidis
Viens voir chez moi, je suis prêteuse.
 
L’hiver,
Tout s’amplifie, tout grossit, la misère et le confort,
L’hiver révèle des inégalités jusqu’alors inaperçues,
Le chemineau sans logis
Le travailleur sans bureau, sans usine,
L’étranger sans patrie, ni maison,
La maman qui voit son frigo vide…
Le prévoyant, le chanceux jouit de ses enfants
Devant la flamme du poêle,
Devant l’écran joyeux de la télé,
Devant l’assiette débordant de mets succulents ;
L’autre, balloté par la vie, attend, grelotte, espère.
 
Dans mon petit coin d’ paradis,
Je suis au chaud, je suis heureuse
Et si toi tu te refroidis
Viens voir chez moi, je suis prêteuse.
 
L’Hiver
C’est Noël, c’est la fête, c’est l’amour,
Tous mes copains disent la joie
Voici Le Coq, voici Gaspard
Voici la Pie, c’est mon amie,
On va fêter et s’amuser,
Des chocolats, des friandises,
On va s’aimer et s’entraider,
On va redoubler de courage
Pour faire le bien
Et pas le mal, chanter la vie
Tous réunis.
 
Dans mon petit coin d’ paradis,
Je suis au chaud, je suis heureuse
Et si toi tu te refroidis
Viens voir chez moi, je suis prêteuse.
 





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