JO CASSEN - Ecrivain, théâtre et poésie
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Ell’ s’appelait Solange

Lauréat du Concours 2015 des Editions Bordulot


Ell’ s’appelait Solange
Ell’ riait pour un rien
Souvent coiffait sa frange
D’un faux -air aérien.
 
Ell’ s’appelait Solange
De sa très chaude voix,
Vous ai-je fait louange ?
Surtout pas de grivois.
 
Ell’ s’appelait Solange
Son cheveu, je vous dis
Qu’il était un mélange…
Tresses et bigoudis.
 
Ell’ s’appelait Solange,
Une belle amitié,
La douceur de l’échange,
Chez l’ami gargotier.
 
Ell’ s’appelait Solange,
Elle avait dix-sept ans ;
Un sacré beau challenge,
Pour mon pot’ Gaétan.
 
Ell’ s’appelait Solange,
Un jour lui, tôt est mort,
Une fin bien étrange,
Dans les côtes d’Armor.
 
Ell’ s’appelait Solange,
Elle a beaucoup pleuré,
Ell’ rêva de mésange…
Etais-je demeuré ?
 
Ell’ s’appelait Solange,
Moi, pris au dépourvu…
Qu’est-ce qui vous dérange ?
Je n’avais rien prévu…
 
Ell’ s’appelait Solange,
Ell’ me donna la main
Un jour dedans la grange…
Et puis aussi demain…
 
Ell’ s’appelait Solange,
J’étais un enfant d’chœur
Je rentrais de vendanges
Et ell’ m’offrait son cœur.
 
 
Ell’ s’appelait Solange,
La p’tite bonn’ du curé,
Ell’ me prit dans les langes,
Pour faire un déluré.
 
Ell’ s’appelait Solange,
Elle a tout de charmant,
Même les bas orange,
Et j’en suis fort gourmand.
 
Ell’ s’appelait Solange,
Chimère d’autrefois,
Ell’ s’appelait Solange,
J’y pense quelquefois.
 
27/03/2015
Jo Cassen
Recueil « Si on s’aimait »
Tous droits réservés
 

Petite fleur
 
(Villanelle)
 


 
Petite fleur égarée,
Lovée dedans la nuit,
Sanglote désemparée.
 
Que de rires en soirée,
Quelques verres pour l’ennui,
Petite fleur égarée.
 
L’amitié contrecarrée,
Par l' étreinte de minuit,
Sanglote désemparée.
 
La révolte déclarée,
Tu n’es pas belle-de-nuit,
Petite fleur égarée,
Sanglote désemparée.
 
 


25/03/2015
Jo Cassen
Recueil « Si on s’aimait »

Tous droits réservés


Vu de mon beffroi
 
(Rondel ou rondeau ancien)

Prix Henri MERIOT

JEUX FLORAUX 2015 D'AUNIS & de SAINTONGE
Classique
Mention





 
Pour enlever le désarroi,
Retrouvez la désinvolture,
Point ne s’agit de quadrature
Gommez la trace de l’effroi.
 
Vous passerez devant l’octroi,
Sans souci de la conjecture,
Pour enlever le désarroi,
Retrouvez la désinvolture.
 
Et que commence le charroi
De cette immonde confiture
Qui fleure la caricature,
Tout se voit bien du haut beffroi
Pour enlever le désarroi.
 
25/03/2015
Jo Cassen
Recueil « Si on s’aimait »

Tous droits réservés

Jean Durant


 
Jean Durant a rejoint l’incertain mouvement,
Ouvert à son propos, sûr de son attitude,
Il avance serein en pleine certitude,
Une fleur au fusil, enfle le hurlement.
 
Azzédine a perçu le sourd dénigrement,
Diatribe simpliste où meurt la quiétude,
Tous les poncifs pervers de morne ingratitude,
Il s’interroge las, vit le déchirement.
 
Il aura donc suffi de quelques mercenaires
De fous fanatisés en deuil d’imaginaires
Pour briser l’équilibre, ouvrir le noir tombeau.
 
Ami ressaisis-toi, nous le pouvons sans doute,
Invincibles ensemble, apportons le flambeau,
Nous sommes mosaïque, une que lui redoute,

19 mars 2015
Jo Cassen
Recueil « Si on s’aimait ? »
Tous droits réservés

 


Violette
Triolet
 


Folle cueillette au doux matin,
Petite fleur à peine éclose,
Ta fraîche pulpe au goût satin,
Folle cueillette au doux matin.
 
Taire le mot, le baratin,
De ton secret, je sais la glose,
Folle cueillette au doux matin,
Petite fleur à peine éclose.
 
24 mars 2015
Jo Cassen
Recueil « Si on s’aimait »
Tous droits réservés
 

 


La mobylette



 
Le galopin toujours sait la ruse propice,
Il joue à s’étonner ;
Il ne démontre rien,
Sa cour vit dans sa tête, ell’ meuble le néant.
 
Expansif ou fermé, le fieffé chenapan,
Au gré de ses rencontres,
Adapte sa posture,
Il ne veut pas flatter, ni surtout s’étourdir.
 
On est fou vers neuf ans, trop éteint ou rebelle,
Le cocon a soufflé
L’initiative folle,
(Ou parfois révélé le ferment de révolte.)
 
Demain c’est bien connu, demain est jour de fête ;
Au sortir de confesse,
Aux portes de l’église,
Il pose solennel, il communie demain.
 
Demain c’est bien connu, il entre dans le chœur
Des enfants à Bon Dieu,
Des petits saints bénis,
Il ressemble à chacun, adieu vilain canard.
 
Demain c’est bien connu, il n’est plus romano,
Anonyme et semblable
Il se fond dans le flou,
Loin des regards si lourds du sournois préjugé.
 
Pourtant en cet instant, l’attention s’évade,
La roulotte est bien là,
Sous l’arbre et contre mur,
Place de notre église, au sommet de la butte.
 
Depuis un an déjà, la fin de son voyage,
Dedans… une caverne,
Dessous la mobylette,
Ell' vécut l’aventure où maman fut la reine.
 
Que de soirs elle a pris, convoi bringuebalant
La route des villages,
Sentier des baladins,
Pour apporter le rire ou les pleurs au manant.
 
Pour que vive Arlequin, la misère se cache,
On ignore la faim,
On oublie une fièvre,
On se feint gai bouffon les yeux remplis de larmes…
 
Pour juste récompense, il la fera sortir,
Ell’ n’est pas condamnée,
Encore, ell’ peut servir ;
Le gosse téméraire ose le saugrenu.
 
Elle roule déjà, à sa main, à côté,
Ell’ partage la joie,
Elle a tant mérité…
Deux copains l’ont rejoint, l’attrait de l’interdit.
 
Demain c’est bien connu, demain est jour de fête,
Au sortir de confesse,
Aux  portes de l’église,
Il pose solennel, il communie demain.
 
Demain c’est bien connu, il entre dans le chœur
Des enfants à Bon Dieu,
Des petits saints bénis,
Il ressemble à chacun, adieu vilain canard.
 
Demain c’est bien connu, il n’est plus romano,
Anonyme et semblable
Il se fond dans le flou,
Loin des regards si lourds du sournois préjugé.
 
Qui donc a décidé de démarrer l’engin ?
Il ne s’en souvient pas,
Est-ce tant important ?
Il est monté dessus, et tous ont bien poussé…
 
La fidèle toujours honore rendez-vous ;
Il reconnait le son,
Le bruit pétaradant,
Déjà il fend la bise et nargue les étoiles.
 
L’enivrant sera bref, môme est sot à neuf ans,
Dans le mur d’une ferme,
L’épopée a pris fin ;
Il git inanimé, la tête ensanglantée.
 
Demain c’est bien connu, demain est jour de fête,
Au sortir de confesse,
Aux portes de l’église,
Il pose solennel, il communie demain.
 
Demain c’est bien connu, il entre dans le chœur
Des enfants à Bon Dieu,
Des petits saints bénis,
Il ressemble à chacun, adieu vilain canard.
 
Demain c’est bien connu, il n’est plus romano,
Anonyme et semblable
Il se fond dans le flou,
Loin des regards si lourds du sournois préjugé.
 
Le reste est un récit, celui que l’on en fit :
Les fermiers, les voisins,
Et les copains aussi,
Près de lui sont venus pour porter le secours.
 
Le pantelant gamin exige trop de soins,
On le porte à la mère,
Sur la table on le couche,
La voisine l'urgent, maman pleure d’émoi.
 
L’ancêtre médecin, venu de sa retraite,
Va coudre sur le vif
Une tête trouée
Et la bouche fêlée, ô sinistre moment.
 
Demain c’est bien connu, demain est jour de fête,
Au sortir de confesse,
Aux portes de l’église,
Il pose solennel, il communie demain.
 
Demain c’est bien connu, il entre dans le chœur
Des enfants à Bon Dieu,
Des petits saints bénis,
Il ressemble à chacun, adieu vilain canard.
 
Demain c’est bien connu, il n’est plus romano,
Anonyme et semblable
Il se fond dans le flou,
Loin des regards si lourds du sournois préjugé.
 
Dans le malheur parfois, un horizon s’éclaire,
Des visages s’animent,
Et quelques mains se tendent,
Tu étais l’étranger et tu deviens quelqu’un.
 
Jusqu’alors à l’école, un enfant du voyage
Qui change six fois l’an, 
Indigne d’intérêt,
Il ronge temps perdu à contempler le poêle...
 
Le maître a tant à faire, éduquer et  transmettre ;
Les vrais petits enfants
Sont l’unique mission,
Il rejette hautain, le p’tit romanichel.
 
L’enfant voit le mépris, souvent se croit coupable,
Il se tait et s’éteint,
Il est de l’autre monde,
Ici point n’est sa place, il pollue entourage.
 
Serait-ce cette issue, abominable sort,
Que noble mobylette
A voulu contredire ?
Et si cela était, si rien n’était hasard ?
 
Entré dans cette classe indemne d’un savoir
L’étonnante maitresse,
A redonné l’envie…
Il a saisi le sens et redoublé d’efforts.
 
Ce stupide accident pourrait anéantir
La chance d’une vie,
Trahir la confiance,
Et rejeter encore au fond de ce puits noir.
 
Demain c’est bien connu, demain est jour de fête,
Au sortir de confesse,
Aux  portes de l’église,
Il pose solennel, il communie demain.
 
Demain c’est bien connu, il entre dans le chœur
Des enfants à Bon Dieu,
Des petits saints bénis,
Il ressemble à chacun, adieu vilain canard.
 
Demain c’est bien connu, il n’est plus romano,
Anonyme et semblable
Il se fond dans le flou,
Loin des regards si lourds du sournois préjugé.
 
Trois semaines durant, convalescence oblige
Chaque soir après classe,
Deux copains sont venus
Apporter les leçons, des devoirs et puis rire.
 
Il avait un souci qui devenait très fort,
Une si longue absence
Aurait au classement
Une incidence folle, il serait tôt lâché…
 
Pour Madame Revel, toutes notes s’ajoutent,
Les devoirs, les leçons
Calcul, récitation…
-         « Trois semaines, manquer, le trimestre est foutu ! »
 
Lors chaque samedi, les copains réjouis
« T’es premier, t’es premier »
Ils savent son bonheur,
Il leur plait de le suivre, aurait-il vrais amis ?
 
Le petit bohémien toujours est en révolte,
Injustice et bêtise,
La haine et le mépris,
Deux copains lui ont dit, le respect et l’amour.
 
Demain c’est bien connu, demain est jour de fête,
Au sortir de confesse,
Aux  portes de l’église,
Il pose solennel, il communie demain.
 
Demain c’est bien connu, il entre dans le chœur
Des enfants à Bon Dieu,
Des petits saints bénis,
Il ressemble à chacun, adieu vilain canard.
 
Demain c’est bien connu, il n’est plus romano,
Anonyme et semblable
Il se fond dans le flou,
Loin des regards si lourds du sournois préjugé.
 
 
18 mars 2015
Jo Cassen
Recueil « Si on s’aimait »
Tous droits réservés
 
 
Le 18 mars 1959
Ce poème libre en vers blancs est dédié à Madame Revel, maitresse d’école à Smarves (Vienne) en 1958-59 ; à L’abbé Guignard, curé de la paroisse de Smarves à la même époque ; à Michel Grignoux et Bernard Barraud, enfants du village et copains du CE2.
A Madame Balin, café et au Docteur Lafauvielle de Ligugé.

 

Hallali
 




Au retour de l’arène
Bouleversé, rompu
Cent regards à la traîne
Des cris au corrompu…
 
Un amer soliloque,
Dans un couloir banal,
Fustige en amerloque…
Qui est original ?
 
Au pilori le traître,
Erigeons le gibet
Il faut tuer le maître
Et punir quolibet !
 
Au royaume de merde,
De Voltaire et Calas,
S’élimine saperde
Pour éclairer l’atlas.
 
Le syndic infaillible
A la parole d’or
Trône seul invincible,
Et honnit le cador.
 
Eradiquer vermine,
Sauver saule-pleureur,
Pour notre gent gamine,
Ôtons le palabreur !
 
Et le crétin de croire
Au commérage fécal,
Le grand réquisitoire
Du jaloux, du chacal.
 
Dites-moi trouble-fête,
Où l’on peut, dans le droit
Blasphémer le prophète,
Révérer maladroit ?
 
Exiger l’excellence,
Le génie ou talent,
Refuser l’insolence
Et surtout le râlant,
 
Voici le bel augure
Il a son contrepoint :
Arbitre d’envergure
Et non quelque pingouin !
 
Ou l’enjeu est de taille,
Etêter le dragon,
Qu’à l’ultime bataille
Il soit sans parangon ?
 
17 mars 2015
Jo Cassen
Recueil « Si on s’Aimait ? »
Tous droits réservés

 


Fidèle casse trop 
 
 
Je vis,
Tu es,
Il,
Nous marchons de concert sur un même chemin,
Vous explorez jaloux des énigmes nouvelles,
Ils contemplent le jeu et sous cape se marrent.
 
J’efface,
Tu suis,
Il conquiert toison, étrange matamore,
Nous évoquons souvent les insignes chimères,
Vous enflammez le jeu des préjugés tenaces,
Ils raillent l‘épopée, le chant de guerre épique.
 
Je pars,
Tu ris,
Il se pavane fier, le trophée à sa main,
Nous livrions combat, la défaite d’avance, alea jacta est,
Vous vous enivrez fous, de philtres indécents,
Ils nous ont effacés du tableau noir flouté.
 
Je plane aux mille ciels où le vent me caresse,
Tu as mis dans nos linges une icône nouvelle,
Il marche dans mes pas de siennes habitudes,
Nous,
Vous prétendiez écrire ; griffonnez tout au plus,
Ils se sont réjouis du spectacle charmant.
 
16 mars 2015
Jo Cassen
Recueil « Si on s’aimait »
Tous droits réservés

 





Enfant de l’inconnu

 
Regarde ici ma main,
Je la tends vers demain,
Prends-là sans quelque doute,
Accompagne ma route.
 
Vis l’envie une fois,
De vaincre l’autrefois,
Où habillés de sombre,
On eut peur de ton ombre.
 
Dessinons cet ailleurs,
Loin du rictus railleur,
Aujourd’hui tous ensemble,
Le désir nous ressemble.
 
Le grand exécuteur,
Toise de sa hauteur,
Le pantin incrédule
Le dos à la pendule ;
 
Souvent serons tentés,
Voire même hantés,
L’impérieux délire,
Jaillira de sa lyre.
 
Ne te retourne pas,
N’entends pas mélopée,
Je t’offre le repas,
Sur notre canopée.
 
14 mars 2015
Jo Cassen
Recueil « Et si on s’aimait ? »

Tous droits réservés



Lucien

 
Ce fut le dernier mot, l’ultime prononcé
Dans un désert de goût, aux confins du délire
Quand le bien bel apôtre a déposé la lyre
Et sous les spasmes fous, se convulse engoncé.
 
Un univers nouveau, faste et resplendissant
Dans le chant des oiseaux, un hymne jaillissant
L'instant d'avant la faux, fatale délivrance.
 
Le souvenir amer a quitté ton esprit,
Au dessus du tourment,
Vagabonde charmant.
 
Une étrange fragrance,
Tu voles somnambule, ascète sans mépris.
 
Quel insigne artefact le sabbat dénoncé,
Sur toi cette mainmise, anesthésiant collyre
Pour tes yeux aveuglés qui ne savent plus  lire,
Temps du dernier voyage et temps du renoncé.
 
 
Jo Casssen
15/03/2015
Recueil “Si on s’aimait”
In Vagabond’âmes
ISBN 979 10 90120 06-8
Tous droits réservés
 
 
 
Laid
 


Regarder, voir, entendre, écouter
Et se taire,
Simplement,
Se taire.
 
Affronter, ne pas se dérouter ;
Légataire
Du moment
Sur terre.
 
S’évanouir au fond, s’oublier,
Le fantôme
Dit : « au revoir » ;
Silence.
 
Hurler, dire, agir et publier
Polychrome,
Dernier devoir,
La transe.
 
S’évader, partir vers l’autre ailleurs,
S’extirper, prendre fuite,
Rompre joug :
Râpure.
 
Trop tard, car s’éteint le piailleur,
Sa volonté réduite,
Sapajou,
Rature.
 
Tôt engloutie ultime lueur,
Que trépasse
Laid désir ;
Rêve.
 
Surenchère et promesse, air tueur,
Vers l’impasse,
Pour gésir :
Crève !

 
23 mars 2015
Jo Cassen
Recueil « Si on s’aimait »
Tous droits réservés 
 

 



La douce souvenance
 (terza rima)
 


Eloignez-le de moi ce sentiment fugace,
De curiosité, de sourd effarement,
Qui réfute jaloux la critique sagace.
 
Endiablé de ferveur, je voyais fièrement,
Et jamais satisfait contre la palissade,
Ce fol truc de gamin, lyrique parement.
 
Pourtant s’il fut coquin, point ne serait passade,
Cet élan passionné, ce chant matutinal,
Il enchantait le cœur et chassait le maussade.
 
Le message porté, jamais subliminal,
Dessinait seulement, sous humble signature,
Le dessein évident, ennemi du banal.
 
Amie appelle ici le temps de l’aventure,
Réveille le malin ; ravive le benêt,
Accepte le défi de cette investiture.
 
Viens vite auprès de moi, sous l’ombre des genêts,
Nous saurons en l’instant vaincre le dérisoire,
Préparons pour demain la veillée aux chenets.
 
Parce qu’ainsi toujours, sans hymne imprécatoire,
Le bonheur voit le jour, sans quelque goût pervers
Quand le chœur du refus chante l’échappatoire...
 
Ces pages du roman, écrites à l’envers
Nous allons les graver et rien ne sent le soufre
Car notre belle histoire, enfin à découvert
 
A fleuri ses bourgeons, debout au bord du gouffre.
 
26/03/2015
Jo Cassen
Recueil « Si on s’aimait ? »
Tous droits réservés

 


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